Joey Bada$$ : B4DA$$ (ProEra, 2015)

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Après quelques mixtapes et un premier Ep hasardeux, il était grand temps pour notre mauvais garçon de service de partir à la conquête du rap jeu mondial avec un album digne de ce nom. En effet, 3 ans que le jeune Joey roule sa bosse dans l’univers crasseux  du hiphop américain laissant penser à un éternel tour de chauffe… Il est vrai qu’après le coup d’éclat révisionniste qu’était la « 1999 », le soufflet était quelque peu retombé médiatiquement parlant depuis 2012. Un mal pour un bien selon Malia Obama puisque ceci avait permis en outre, l’émergence de sa fine équipe Pro Era. Mais trêve de plaisanterie présidentielle pour se concentrer sur le contenu massif des 17 pistes de ce premier effort.

Toujours à rebrousse temps, c’est loin  du « sirup » et de sa viscosité apaisante que Joey place son microphone. Le gamin de Brooklyn ne déroge pas à ses bonnes vielles habitudes et ressort une nouvelle fois la Delorean du placard, plus énervé que jamais (« No 99 »). Ré interprétations et odes passéistes font ici bon ménage dans un tourbillon d’influences revendiquées.  En effet on ne pourra que souligner l’identité classique, sans être conservatrice du projet.  Une intention louable mais qui manque parfois d’originalité. En effet loin d’être révolutionnaire musicalement parlant, cet opus reste tout de même consistant et réserve son lot de bonnes surprises. Exemple frappant avec Kirk Knight qui signe avec « Hazeus View » l’un des beats les plus inspirés du disque. Un exploit en soit au vu des pontes (Dilla, Primo, Statick Selektah, Freddie Joachim) qui sévissent sur le reste de l’album.

Mais outre les samples parfois grillés et autres éléments quelques peu bancales,  l’atout principal reste ici le jeune emcee himself. En effet Joey sort plus d’une fois son épingle du jeu durant les 53mins du disque. Ainsi notre jeune protagoniste affiche une maturité étonnante sur bon nombre de titres tout en cultivant son attitude cool de backpacker du dimanche. Les rimes sont affutées et Joey étonne toujours par ses textes et son flow tout terrain. On regrettera seulement les quelques passages rocailleux sauce jamaïquaine du plus mauvais gout…

Au final  ce « Before Da Money » repousse les limites posées par les précédentes mixtapes. Plus abouti sur tous les points on grimacera tout de même sur le manque de prise de risque coté sonorités. Mais rares exceptions faites aucune faute de goût ici et l’hommage apparent laisse davantage place à une réinterprétation intelligence du passé.

Joël Roblochon***

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